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Protection du patrimoine culturel au Tibet

lundi 16 juin 2014

Les autorités tibétaines ont récemment déclaré avoir dépensé 127 millions de yuan (soit 20 millions de US$) durant ces neuf dernières années pour la sauvegarde et la protection du patrimoine culturel immatériel de la R.A. du Tibet.

Les autorités tibétaines ont récemment déclaré avoir dépensé 127 millions de yuan (soit 20 millions de US$) durant ces neuf dernières années pour la sauvegarde et la protection du patrimoine culturel immatériel de la R.A. du Tibet. Celui-ci compte un nombre incalculable d’articles, de photos, de bande-sons, de vidéos, etc. concernant des sujets aussi variés que la musique, les chants, les danses, les artisanats, les pratiques médicinales et encore bien d’autres pratiques traditionnelles locales. C’est ainsi par exemple que la grande oeuvre "L’épopée du Roi Gésar" a été inscrite sur la liste du patrimoine culturel immatériel mondial de l’UNESCO aux côtés de l’opéra tibétain. (source : agence de presse Xinhua, 26.05.2014)

Opéra tibétain

L’opéra tibétain, encore très populaire actuellement, se déroule en plein air sur des places publiques lors de fêtes ou de festival, comme ceux de Linka (ou "du monde heureux"), du Shoton (du "yaourt"), ou de Yushu (courses de chevaux), etc. L’opéra tibétain est un mélange de chants, de danses, de contes, d’acrobaties et de cérémoniels religieux. Il a un impact puissant sur les spectateurs, leur humeur s’en trouve bouleversée. Après une introduction durant laquelle un chaman ou un bonze nettoie l’espace scénique des "vents malades " et des "influences perverses", le drame est récité par un conteur. Ensuite, c’est au tour des musiciens et des chanteurs de faire danser les acrobates. Chacun d’eux porte un masque haut en couleur, leur danse mime le drame qui a été raconté. Le répertoire dramatique est tiré d’histoires bouddhistes et de l’Histoire du Tibet. Un drame célèbre dans la tradition tibétaine et mongole, et encore joué régulièrement aujourd’hui est "L’épopée du Roi Gésar", un long poème épique de plus de 300.000 caratères. Le texte est récité, puis chanté et dansé à la manière des anciens mythes. Le spectacle dure parfois des heures, voire plusieurs journées d’affilée, et est interprété par des conteurs-chanteurs-danseurs qui pour la plupart sont des autodidactes passionés.

(sources : voyage 2005 et 2009, websites, Chine actuelle de janvier 2014)

La peinture des Tangkas

La peinture des Tangkas est un art traditionnel et sacré encore bien vivant chez les jeunes Tibétains...

La peinture de Tangkas est un ancien art tibétain, importé au Tibet suite au mariage entre la princesse népalaise Bhirkuti et Sron Tsan Gampo, il y a près de 13 siècles. Tangka signifie "qui se déroule". Il se peint sur une toile de coton ou de soie qui peut se dérouler. Les Tangkas sont portatifs, ou monumentaux lorsqu’ils sont destinés à être exposés sur des pentes ou des murs à l’occasion de fêtes. C’est un art symbolique, mystique, un support à la méditation ; ils représentent invariablement des divinités bouddhistes. L’influence chinoise sur la peinture tibétaine s’est manifestée à partir du XIIIe siècle. Les Chinois ont enseigné aux Tibétains l’art de représenter la nature, la façon de traiter les paysages, mais aujourd’hui les jeunes générations redécouvrent leur peinture sacrée. Xialu Wangdui est parmi ceux qui continuent à faire vivre cet art traditionnel. Au coin de la célèbre rue du Barkor à Lhassa, il y a une boutique de Tangkas. Le propriétaire en est Xialu Wangdui. Ce peintre a débuté son apprentissage à 12 ans dans un monastère. A l’époque, son maître lui a appris les différentes façons de peindre l’art religieux. De ses souvenirs d’étudiant, il se rappelle ce que son maître lui recommandait :"La première étape est d’apprendre à peindre un portrait de Sakyamuni". Son maître avait de nombreux élèves, mais Wangdui était plus rapide que les autres apprentis, il a achevé la première étape en tout juste un mois. " Mon maître était fier de ma peinture, il avait une haute opinion de moi" , dit-il sereinement. Le temps a passé... Après dix ans d’apprentissage aux côtés de son maître, Wangdui a décroché son diplôme. Aujourd’hui, il possède sa propre boutique de Tangkas et travaille avec 13 apprentis.

Wangdui insiste sur l’aspect traditionnel de la peinture des Tangkas. Ce sont des créations issues de visualisations, une pratqiue méditative bien connue par les bouddhistes. "Je suis un héritier de cette culture ancestrale et la transmettre est important pour en faire bénéficier le peuple", dit-il à juste titre. "Quand j’ai appris la peinture des Tangkas, le plus important était de me souvenir des nombres car largeur et hauteur doivent être identiques. Seulement après cette étape, l’apprenti peut toucher aux pigments. Le coloriage est la dernière étape. La partie la plus difficile est de colorier les yeux du bouddha. Cela doit être réalisé par des peintres expérimentés. Comme le veut la tradition, les pigments proviennent de minéraux très denses ayant chacun leur poids ; c’est ce qui donne la couleur spécifique de la pierre d’origine qui ne s’efface pas avec le temps". A présent, Wangdui, l’ancien apprenti est devenu maître à son tour. Il enseigne à plus d’une vingtaine d’élèves dans une école de Lhassa. Chaque année depuis 2001, l’Université du Tibet recrute au moins un étudiant diplômé du département des Tangkas qui, lui-même, prendra de nouveaux étudiants en charge. Sur le campus ou en boutique, cette tradition restera vivante tant que jeunes et anciens peindront leurs dieux avec leur cœur et leur âme. Vickie Minguet (article paru dans "Chine actuelle" en février 2014)


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