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CRITIQUE DE LA PÉTITION « Une chance unique pour le Tibet ? » LANCÉE PAR L’ONG Avaaz.org.

“Les Tibétains qui refusent de hisser le drapeau chinois sur leurs maisons risquent d’être brutalisés ou tués”

mardi 26 novembre 2013, par André Lacroix

Avaaz.org est une ONG, basée dans l’État du Delaware. Spécialiste du « cybermilitantisme », elle propose régulièrement à la signature de millions de sympathisants des pétitions en faveur de diverses causes, ayant un lien avec les droits de l’homme. Certaines de ces causes sont incontestablement dignes d’être défendues.

CRITIQUE DE LA PÉTITION « Une chance unique pour le Tibet ? » LANCÉE PAR L’ONG Avaaz.org.

Bon à savoir

Avaaz.org est une ONG, basée dans l’État du Delaware. Spécialiste du « cybermilitantisme », elle propose régulièrement à la signature de millions de sympathisants des pétitions en faveur de diverses causes, ayant un lien avec les droits de l’homme. Certaines de ces causes sont incontestablement dignes d’être défendues.

Mais il arrive souvent à cette ONG, largement financée par le milliardaire George Soros, de se laisser emporter par le courant de la pensée unique occidentale. Elle a, par exemple, défendu l’intervention militaire en Libye ; elle a appelé à la déstabilisation de la Syrie ; elle s’est aussi associée à une vaste campagne de diabolisation de l’Iran.

La voilà aujourd’hui qui lance une pétition « Une chance pour le Tibet ? », très marquée par des préjugés antichinois. Qu’on en juge d’après les allégations suivantes.

« Les Tibétains qui refusent de hisser le drapeau chinois sur leurs maisons risquent d’être brutalisés ou tués. »

Lorsque l’on recoupe diverses sources, il apparaît que des affrontements avec les forces de l’ordre ont effectivement éclaté ici et là, au nord-est de Lhassa, lorsque des Tibétains, invités à arborer des drapeaux chinois lors de la fête nationale du 1er octobre, les ont jetés à la rivière ou bien ont détruit des mâts destinés à les accrocher. La réaction des autorités a probablement été disproportionnée, mais on peut se demander ce qu’aurait fait Washington si le drapeau américain avait subi un sort pareil le 4 juillet ou ce qu’auraient fait les autorités françaises si le drapeau bleu blanc rouge avait été profané à l’occasion du 14 juillet. Particulièrement insidieuse, la formule « risquent d’être brutalisés ou tués » suggère le pire sans avancer la moindre précision fiable.

« Plus de 120 personnes se sont immolées par le feu (…) » ?

Remarquons d’abord que, sur ces « 120 personnes », beaucoup ont pu être sauvées par l’intervention immédiate de voisins ou de policiers. Il n’est toutefois pas question de banaliser ces événements tragiques – n’y aurait-il eu qu’un seul cas d’immolation, ce serait déjà trop ! Mais il est permis de les mettre en perspective et, surtout, d’en rechercher les véritables responsables. Voir le site www.tibetdoc.eu, rubrique : Conflits.

« (…) l’occupation chinoise au Tibet (…) » ?

Comment un pays peut-il être accusé d’occuper une de ses provinces ? Le Tibet fait partie de la Chine depuis des siècles. Voir le site www.tibetdoc.eu, rubrique : Histoire ; sous-rubrique : Histoire en général. Dans son entreprise révisionniste, Avaaz.org va jusqu’à parler d’appel à la révolution pour désigner ce qui n’est qu’une prétention à la restauration de l’Ancien Régime tibétain. Bel exemple de « novlangue » !

« (…) des centaines de milliers ont été décimés (…) » ?

Ce crédo des indépendantistes tibétains repose sur une manipulation de chiffres, tellement grossière qu’elle a conduit le célèbre historien anglais Patrick French à démissionner de la présidence de Free Tibet. Voir le site www.tibetdoc.eu, rubrique : Démographie ; sous-rubrique : Génocide ?

« (…) supprimer systématiquement la langue tibétaine (…) » ?

Comment peut-on proférer de telles contre-vérités ? Alors que, sous l’Ancien Régime, l’immense majorité de la population était analphabète, l’enseignement du tibétain est aujourd’hui obligatoire dans toutes les écoles primaires. Avant 1950, quand le Tibet était, selon le dalaï-lama, « le pays le plus heureux qui soit », le taux d’analphabétisme était de 90%. Aujourd’hui il doit avoisiner les 40%. C’est encore trop, bien sûr, mais il faut tenir compte de l’obstacle majeur que constitue l’isolement de nombreuses bourgades situées à très haute altitude. Il faut surtout savoir qu’au 21e siècle encore, beaucoup de parents tibétains se font tirer l’oreille, ne considérant pas l’éducation comme quelque chose d’important : on n’efface pas en soixante ans un millénaire d’obscurantisme. 

« (…) expulser les Tibétains de leurs terres et contrôler très strictement leurs déplacements (…) » ?

Avaaz.org ne fait ici que répéter une vieille critique émise par Human Rights Watch (une autre ONG basée aux États-Unis) selon laquelle les nomades tibétains seraient victimes d’une sédentarisation forcée. Mais qu’en est-il au juste ? Au « bon vieux temps » de l’Ancien Régime, la mortalité infantile était tellement élevée que les pâturages suffisaient à nourrir les survivants. Or il se fait que, depuis lors, la population a triplé et que, dans le même temps, le nombre de yaks et de moutons a aussi triplé. Trop de gens, trop de bétail et pas assez d’herbe. Face à cette situation préoccupante, aggravée par le changement climatique qui dessèche les pâturages, les autorités ne pouvaient rester les bras croisés ; elles ont impulsé une série de mesures destinées à relever les défis écologiques et économiques :
- sédentarisation d’une majorité de la population et passage à une agriculture diversifiée avec une réduction du cheptel,
- développement, en plus du tourisme, d’une industrie légère,
- commercialisation des produits artisanaux,
- création d’écoles techniques,
- construction de serres, très rentables étant donné l’ensoleillement, etc. Et pour les Tibétains qui continueront à s’adonner à l’élevage, les autorités ont mis sur pied un projet de replantation de graminées sur une superficie plus vaste que celle de la France : à bord du nouveau train Xining-Lhassa, on peut apercevoir quelques-uns de ces immenses carrés où, malgré les conditions extrêmes, on réussit à faire pousser de l’herbe. Plutôt que de recopier des contre-vérités, Avaaz.org ferait mieux d’aller voir sur place quelle est la situation ou, à tout le moins, de recouper ses informations en consultant des sources fiables.

« (…) contrôler très strictement (…) leur religion » ?

La Chine a d’évidence commis une lourde erreur, surtout pendant la Révolution culturelle, en voulant éradiquer le bouddhisme qui fait partie de l’âme tibétaine ‒ un mouvement auquel ont participé d’ailleurs nombre de Tibétains pour se venger des humiliations subies sous l’Ancien régime féodal et théocratique. Mais tout ça s’est passé il y a quarante ans. Les dirigeants chinois ont depuis lors reconnu leur erreur : ce que la Chine combat désormais, ce n’est plus la religion, mais l’instrumentalisation de la religion à des fins séparatistes. La liberté de culte est aujourd’hui assurée au Tibet dans la mesure où le pouvoir religieux ne prétend pas se transformer en État dans l’État. Remarquons de plus qu’en raison de son caractère laïque, la République populaire de Chine garantit le pluralisme des religions : c’est ainsi, par exemple, qu’il existe à Lhassa deux grandes mosquées où les musulmans Hui peuvent librement exercer leur culte.

Conclusion

En lançant sa pétition sur base d’analyses tendancieuses, Avaaz.org espère faire barrage à l’élection de la Chine au Conseil des droits de l’homme des Nations unies. Elle peut déjà compter ‒ cela n’étonnera personne ‒ sur l’appui de quelques pays, parmi lesquels la Pologne (condamnée en 2012 par la Commission européenne des droits de l’homme pour avoir fait entrave à l’avortement réclamé par une fille de 14 ans victime d’un viol), la République tchèque (épinglée en 2013 par Amnesty International à propos des discriminations dont sont victimes les Roms), le Japon (dont le premier ministre Shinzo Abe honore la mémoire des criminels de guerre dans le sanctuaire controversé de Yasukuni) et, bien entendu, les États-Unis (grands défenseurs des droits de l’homme, comme à Guantánamo)… La palme de l’hypocrisie revient sans doute à l’Espagne qui a lancé un mandat d’arrêt contre l’ex-président chinois Jiang Zemin dans le cadre d’une procédure pour un soi-disant génocide au Tibet, une Espagne qui vient elle-même de recevoir un bulletin extrêmement sévère de la part du Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe, dénonçant notamment les effets ravageurs des mesures d’austérité sur les enfants et les handicapés ainsi que les mauvais traitements infligés par des représentants des forces de l’ordre et l’impunité des coupables…

Médecin, guéris-toi toi-même !

Certes, le Chine a encore des progrès à faire dans le domaine des droits humains. C’est aussi le cas de quasi toutes les nations du monde.

NON À CETTE PÉTITION PARTIALE ! NON AUX INDIGNATIONS À GÉOMÉTRIE VARIABLE !

andre.lacroix@base.be

25 novembre 2013

Le texte de la pétition : “Les Tibétains qui refusent de hisser le drapeau chinois sur leurs maisons risquent d’être brutalisés ou tués” Une chance unique pour le Tibet ?

Les Tibétains qui refusent de hisser le drapeau chinois sur leurs maisons risquent d’être brutalisés ou tués. Voilà la dernière trouvaille de la Chine pour briser la résistance tibétaine. Mais cette semaine, nous avons la meilleure chance depuis des années de redonner espoir aux Tibétains, un peuple fier mais désespéré.

Les dirigeants chinois ont lancé une campagne de grande envergure visant à dissimuler leurs violations aux droits de l’Homme et à convaincre les autres gouvernements de voter en faveur de la Chine pour son élection au Conseil des droits de l’Homme des Nations unies. Si nous sommes assez nombreux à dévoiler à la face du monde ce qui se passe au Tibet – une religion ancienne écrasée, des journalistes censurés , des arrestations au petit matin – nous pourrons convaincre la Chine de la nécessité de revenir sur sa politique d’oppression pour s’assurer l’obtention des 97 voix nécessaires à son élection.

Montrons aux Tibétains que le monde ne les oublie pas. La Chine est actuellement sous pression : 13 pays viennent de l’interpeller sur ses violations des droits humains au Tibet. Signez pour soutenir le Tibet et envoyez ce texte à tous vos proches. Lorsque nous atteindrons un million de signatures, nous remettrons cette pétition à aux délégations-clés de l’ONU et créerons une vraie déferlante médiatique.

https://secure.avaaz.org/fr/stand_with_tibet_loc/ ?bqtBSbb&v=30946

La pression monte pour la Chine. Dans un élan de soutien inédit, le Canada, la République tchèque, la Fra nce, l’Allemagne, l’Islande, le Japon, la Nouvelle-Zélande, la Pologne, les États-Unis, le Royaume-Uni, la Suiss et la Suède viennent de demander à la Chine de défendre la liberté de réunion, de religion et d’association au Tibet. Et ceci quelques jours seulement après l’enquête lancée par un tribunal espagnol sur des génocides orchestrés par l’ancien Premier ministre chinois !

La situation est vraiment terrifiante. Plus de 120 personnes se sont immolées par le feu pour protester contre l’étranglement que constitue l’occupation chinoise au Tibet et des centaines de milliers ont été décimés. La politique actuelle de la Chine consiste à supprimer systématiquement la langue tibétaine, expulser les Tibétains de leurs terres et contrôler très strictement leurs déplacements et leur religion.

Ces politiques sont aussi néfastes pour la Chine. Mais le pays s’est tellement embourbé dans cette situation qu’une forte pression est nécessaire pour lui faire changer de cap. Cette semaine est peut être celle qui verra naître le changement. Si nous sommes assez nombreux à parler du Tibet pendant que la Chine est observée par le monde entier, nous pourrons faire entendre clairement à nos dirigeants que nous n’oublions pas les Tibétains. Signez maintenant et parlez-en autour de vous. Ensemble, créons la plus grande pétition jamais vue pour le Tibet et exigeons de la Chine qu’elle réponde de ses actes :

https://secure.avaaz.org/fr/stand_with_tibet_loc/ ?bqtBSbb&v=30946

Les Tibétains doivent affronter la domination violente de la Chine. Ils veulent que cela change, mais ils ont besoin d’aide. Personne ne peut réussir seul une te lle révolution.

C’est pour cela que nous nous sommes mobilisés pour soutenir le Tibet par le passé. Aujourd’hui le monde entier doit s’engager pour la survie du peuple tibétain.

C’est dans ces moments que notre communauté trouve sa raison d’être.

Avec espoir,

Ben, Alice, Patricia, Alex, Ricken, Emily, Sayeeda et toute l’équipe d’Avaaz

POUR EN SAVOIR PLUS :

La justice espagnole va enquêter contre Hu Jintao pour "génocide" au Tibet (Le Monde.fr) http://www.lemonde.fr/europe/article/2013/10/11/la-justice-espagnole-va-enqueter-contre-hu-jintao-pour-genocide-au-tibet_3494450_3214.html

La Chine défend sa politique des droits de l’Homme devant l’ONU (La Croix) http://www.la-croix.com/Actualite/Monde/La-Chine-defend-sa-politique-des-droits-de-l-homme-devant-l-ONU-2013-10-23-1049899

Tibet : des dizaines de blessés après des manifestations (BFM TV) http://www.bfmtv.com/international/tibet-dizaines-blesses-apres-manifestations-619758.html

Le dalaï lama dénonce « l’enfer sur terre » subi par les Tibétains (Libération) http://www.liberation.fr/monde/2009/03/10/la-dalai-lama-denonce-l-enfer-sur-terre-subi-par-les-tibet ains_543946


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