Tibetdoc

Accueil du site > Religion > Monastères > Encore un temple tibétain à Pékin

Encore un temple tibétain à Pékin

samedi 12 février 2011, par Jean-Paul Desimpelaere

Le temple Zhao Miao, ou « Temple de la Claire Lumière », à Pékin, va être complètement restauré. La construction du complexe de temples a été achevée en 1780, sous le règne de l’empereur Qianlong de la dynastie Qing. Il devait servir de résidence secondaire au 6è panchen-lama, mais celui-ci y rendit l’âme cette année-là. L’aménagement et l’architecture ont été inspirés du monastère de Tashilumpo, au Tibet, siège des panchen-lamas. Le règne de Qianlong a été particulièrement long : de 1736 à 1795. Il a été contemporain des 7è et 8è dalaï-lamas, justement deux d’entre-eux qui étaient favorables à l’empire chinois et l’acceptaient comme autorité pour le Tibet. C’est de cette époque que datent les lois que Pékin a promulgué pour le Tibet, entre-autres une partie de la procédure finale de reconnaissance des réincarnations de hauts lamas.

L’empereur Qianlong a été un grand bâtisseur de temples dans toute la Chine, également dans des régions peuplées de Tibétains. Mais le temple Zhao Miao se trouve donc à Pékin et devait servir aux panchen-lamas. Les dalaï-lamas séjournaient dans le « temple lama des lamas/temple Yonghe » de Pékin, mieux connu à ce jour (le métro s’arrête en dessous).

Vue sur Pékin d’en haut d’une pagode

Le temple Zhao Miao se trouve dans les collines de l’ouest, non loin de la ville. Ces collines de l’ouest (Xi Shan) forment aujourd’hui un parc public très étendu. (ligne de métro 1, terminus ouest, Pingguoyuan, et vous n’en êtes plus très loin).

Le complexe de temples a en grande partie été détruit. Non, pas pendant la Révolution Culturelle chinoise, mais en deux phases : en 1860 par les troupes franco-anglaises et plus encore en 1900 par une armée de huit puissances européennes, dont la Belgique. L’Europe voulait alors mettre à genoux la dynastie Qing pour obtenir plus de concessions de libre-échange (lisez exploitation coloniale) en Chine. C’étaient des « expéditions punitives » contre les « Chinois désobéissants ». Tout ce à quoi un temple tibétain peut bien servir...

Qu’en reste-il maintenant ? Un imposant portique vernis, quelques beaux bas-reliefs, deux pagodes, une énorme tablette en pierre avec des inscriptions en quatre langues : mandchou, han, tibétain et mongole. Un témoin silencieux mais colossal d’un empire multiculturel.

Budget alloué à la restauration : 5 millions d’euros.


Suivre la vie du site RSS 2.0 | Plan du site | Espace privé | SPIP | squelette