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L’enseignement est-il gratuit au Tibet ?

mercredi 1er décembre 2010, par Jean-Paul Desimpelaere

Réponse générale : non, et dans le reste de la Chine ce n’est pas le cas non plus.

Mais les « réponses générales » ne vont pas bien à la Chine. De plus, l’enseignement n’est pas organisé de manière très centralisée. À la campagne, par exemple, c’est l’autorité du canton qui détient le « pouvoir exécutif ». A côté de cela, il y a également des écoles privées très couteuses et au Tibet même des écoles monastiques. L’enseignement est donc assez diversifié en Chine, au niveau des coûts pour les parents aussi. Depuis 2000, le gouvernement central a entrepris nombre de mesures régulatrices.


En 2003, le Conseil d’État a décidé de réaliser deux choses dans les quatre ans : rendre effective l’obligation scolaire de neuf ans dans les provinces moins développées (au centre et dans l’ouest de la Chine) et faire disparaître l’analphabétisme chez les jeunes. Il y avait alors encore 410 cantons (13% de tous les cantons que compte la Chine) où ceci n’était pas le cas, un ensemble de 83 millions de gens. Neuf pour cent des plus de 15 ans y étaient encore analphabètes. Ils vivent dans des régions isolées avec un pourcentage de minorités ethniques important. La campagne était sous la direction du premier ministre Wen Jia Bao lui-même. Le gouvernement a fourni d’énormes subsides pour la construction d’écoles, l’équipement, la rémunération du personnel enseignant, etc. Le budget pour ces régions en 2007 (à peu près 20 milliards d’euros) avait doublé par rapport à celui de 2002. Fin 2007, les deux objectifs étaient atteints dans 368 des 410 cantons.

Mais que cela nous dit-il sur la gratuité de l’enseignement ? Rien du tout. Cela montre seulement que la Chine voyait et mettait comme priorité la généralisation de l’enseignement primaire dans les régions plus démunies. Les écoles pouvaient cependant continuer à faire payer quelques frais aux parents. Souvent des frais peu élevés, parfois beaucoup plus, selon la région et les revenus des parents. Pour en venir au Tibet : une école secondaire à Lhassa en 2000 demandait 20 euros pour l’inscription, plus 8 euros pour les livres scolaires et 15 euros pour les internes. Les gens ayant un faible revenu étaient dispensés de payer, surtout des enfants d’agriculteurs et de bergers.

Pour la région autonome du Tibet, le gouvernement central a mis en place un traitement de faveur. De 2001 à 2005, l’enseignement de base soumis à l’obligation scolaire (six années d’école primaire et trois années de secondaire) était gratuit pour les parents, à condition qu’ils vivent dans un district ou un canton agricoles. Pas de frais d’inscription, pas de frais pour les livres, rien à payer pour les internes, peu importe le revenu des parents. Dans le reste de la Chine, l’enseignement de base obligatoire n’est pas gratuit pour tous, seuls les faibles revenus bénéficient de cela.

Le mesure concerne la région autonome du Tibet et il est donc bien possible qu’une communauté tibétaine en dehors du Tibet, par exemple dans la province de Gansu, ne bénéficie pas du même traitement de faveur.

Cela juste pour dire qu’une « réponse générale » à une situation est impensable en Chine (pour eux).

Données :

Renmin Ribao, 20/12/2007 ; Frontline, Inde 16/09/2000 ; propres voyages.


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