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Tradition tibétaine : des corps pour les vautours.

mercredi 17 mars 2010


Au Tibet, depuis des siècles, la tradition veut que les morts soient donnés aux vautours. Ce sont des moines qui s’occupent du rituel et découpent les corps avant de les disposer pour les vautours. La colonie des vautours est un groupe fixe. Le monastère Sera à Lhassa en compte 130. Les moines les connaissent et suivent les vautours pendant des années. Ils leur donnent même un nom. Pour le tibétain moyen, ce sont des animaux à respecter. Parfois une famille qui emmène un mort sur le terrain y ajoute des kilos de viande de yack si le mort n’avait plus que la chair sur les os. Ils ont peur que les vautours grignotent l’âme du défunt avec pour être rassasiés. Les vautours servent à laisser s’échapper l’âme du corps. Il y eut un jour un scandale lorsqu’une centaine de vautours moururent parce que le défunt le fut par erreur en ayant mangé de la poison pour rats. Les lamas demandent maintenant avec insistance la cause de la mort du défunt. Donner les morts aux vautours est une nécessité écologique à cause de la rareté des arbres et du sol gelé. C’est ainsi depuis déjà quelques dizaines de siècles, comme pour l’emploi des bouses de yack séchées pour la cuisine et le chauffage. Les groupes « Free Tibet » accusent les chinois actuels de « déforestation » du Tibet. Ou bien ils ne connaissent pas les raisons de cette tradition ou bien ils mentent.

le lieu ’d’un cimetière à ciel ouvert’

quelques outils nécessaires

L’ancien monastère Trigungtil, vieux de 820 ans, de l’école Trigung Kaguy, sur le cours supérieur de la rivière de Lhassa, à 100 km de la capitale, a été presque totalement détruit pendant la révolution culturelle. Il a été reconstruit avec les deniers de l’Etat dans les années 80. Le monastère est réputé grâce à son cimetière à ciel ouvert : un des trois plus saints pour les tibétains. Les morts sont offerts aux vautours dans un endroit isolé sur la colline. Deux moines, un ancien et son jeune recru, sont les « croque-morts » : chargés de la découpe du défunt et de casser les os. Ils en traitent une dizaine par jour. Les autres moines, pendant ce temps, font des sessions de prières dans le temple. La famille paie une somme variant de quelques centimes à quelques dizaines d’euros pour le service. Il y a quelques années, le territoire des morts était entouré d’une énorme clôture en fer pour laisser les chiens sauvages et les photos des touristes à l’écart. Les maisons des moines sont neuves, comptent deux étages et sont joliment meublées. Gochai, 64 ans, nous dit qu’ils gagnent bien leur vie à récolter et à vendre des champignons « chenilles », qu’ils trouvent sur les hauteurs. Ils en retirent 2000 euros par kilo séché. Le monastère construisit un hôtel de 3 étages.

Des tibétains y viennent pour rendre hommage à des membres défunts de leur famille


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