dimanche 24 janvier 2010, par Jean-Paul Desimpelaere
Nyima Tashi répondit : « Combien d’heures par an consacrez-vous, vous les européens à votre religion ? Une heure par semaine dans le meilleur des cas ? Chez nous c’est souvent facilement plus de la moitié de l’année. S’il ne s’agit pas là de liberté ! En fait, nous devrions la restreindre. Lorsque 1/5 des hommes sont cloîtrés dans un monastère – l’équivalent de tous les chômeurs hommes pour vous - et sont donc non-productifs, qui paiera leur sécurité sociale et leur retraite ? Le lien constant à la vie religieuse de la part d’une grande partie de la population est un véritable frein au développement du bien-être de tous. Évidemment, lorsque l’Eglise et l’Etat se mêlent pour mener au séparatisme, le gouvernement intervient. Ce serait le même cas de figure chez vous en Europe. Imaginez qu’une tendance musulmane voudrait s’exclure de vos lois, le gouvernement interviendrait rapidement. De plus, vous intervenez d’une manière plus répressive par rapport au port du voile des femmes musulmanes que nous par rapport à toutes les marques du lamaïsme. » (interview)
Une étude en 94 démontra que dans les environs de Lhassa, 45 ménages interrogés consacraient plus ou moins 145 euros par an à des activités religieuses, près de la moitié de cette somme étant envoyée comme dons aux monastères, l’autre moitié à des rituels de famille et à des pèlerinages. (CT 4/99)
Litang, août 2007. Le monastère de Litang fut dans l’histoire récente le sujet de disputes retentissantes. Litang se situe à l’Ouest de la province chinoise de Sichuan. Litang appartenait aussi au grand royaume tibétain du 8ème siècle. Jadis elle échappa aux chefs tibétains locaux, mais le lien religieux perdura. Lorsque la jeune république populaire chinoise confisqua la grande propriété terrienne du Sichuan, au début des années ’50, le monastère de Litang a opéré comme foyer de résistance. Et fut bombardé par l’Armée Rouge en ’56. Les hauts lamas fuirent alors en Inde. L’attitude tolérante des autorités chinoises durant la dernière décennie a cependant amené un peu d’apaisement. Un haut lama, qui avait fui en ’56, revint ainsi afin de présider des cérémonies dans le monastère durant l’été ’07. Nous en fûmes témoins.
le lama, filmé pour l’occasion, bien-sûr
Le bouddhisme chinois et le lamaïsme y sont tous deux présents. Une sorte de centre œcuménique. On y trouve des temples de la secte Jaune ainsi que des temples bouddhistes chinois classiques. Les pèlerins bouddhistes sont aussi bien chinois que tibétains. Au jour d’aujourd’hui, le bouddhisme tente de convertir plus de chinois. Xiao Jun, astrophysicien de l’université de Nanjing fut moine à temps partiel à Wutaishan. Son maître-moine, Ji Du, 91 ans, a survécu à la Révolution Culturelle. (HKCTP, Nov. 01)